Poèmes épars, Rilke

Enfance comme nous exposée, ou comme bêtes en hiver. Plus exposée : car elle ignore les tanières. Exposée, comme si c’était elle la menace. Exposée, comme un incendie, ou un géant, ou du poison, ou ce qui rôde la nuit, verrous tirés, dans la maison suspecte. Comment ne pas comprendre que les mains protégeantes, que les mains qui abritent leurrent, en danger elles-mêmes?
-Qui d’autre alors?
-Moi!
-Qui, moi?
-Moi, la mère. Qui fut avant-monde…
Ô mères généreuses. Voix apaisantes. Néanmoins! Ce que tu nommes là, c’est le danger, c’est toute la menace pure du monde – qui se retourne en protection si tu l’éprouves toute. La plus intime enfance est comme le centre. Par sa peur expirant, chassant la peur.
Rilke, Poèmes épars

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