Carla Lonzi, Crachons sur Hegel

Du drame de la reconnaissance. Le texte qui suit est une compilation personnelle de citations extraites de Crachons sur Hegel, de Carla Lonzi.

« Mon » texte du texte. Méthode que j’emploie régulièrement après chaque lecture afin de garder tout contre moi ce que j’y ai trouvé de plus savoureux et de le partager.

Carla Lonzi — Wikipédia

« Pour moi le point essentiel a été le passage entre l’aliénation de se croire heureuse – et la découverte de mon malheur et de ma frustration, et le bonheur de pouvoir l’admettre face à moi-même et face aux autres.

On communique pour se libérer, on ne communique pas la libération. De ce nouveau chemin nous ne savons presque rien : si c’est une nouvelle illusion, s’il est viable, s’il est. Au fond, moi je crois que si quelqu’un a quelque chose à dire il l’écrit, et pas uniquement, il le dit à celui qu’il a en face. Il y a un moment où ce que tu penses, tu veux le mettre sur le tremplin de l’humanité. J’aimerais voir si l’humanité apparaît dans les périodes critiques. Je sais que j’en ai besoin, pour moi. Tant pis si nous y laissons la peau, si nous nous perdons en chemin, il faut guérir, recommencer, se repositionner sans cesse.

Ne demande pas à faire partie.


Le féminisme a permis à la femme de quitter le Purgatoire avec l’homme pour l’Enfer entres femmes. Un Enfer qui a remplacé le Paradis originel – avec la mère. La libération c’est la mort et la résurrection, il faut accepter de mourir, moi je l’ai accepté, la conscience des souffrances mutuelles me fait sentir au pair. Qu’est ce que cette fidélité à sa destinée d’opprimée ? Comment s’en sortir ?

Nous abandonnons l’homme pour qu’il touche le fond de sa solitude, c’est-à-dire à l’inauthentique assimilation de soi au phallus, au pouvoir.


La déculturation pour laquelle nous optons est notre action. Souffrir est souffrir de souffrir. Personne n’est en mesure de souffrir ta souffrance. La libération n’ouvre pas sur un Eden, sur une harmonie, sur une solution des rapports humains, mais sur la renonciation et l’abandon de l’espoir. Nous ne donnons d’enfants à personne, ni à l’homme ni à l’état. Nous les donnons à eux-mêmes, et nous nous restituons à nous-mêmes.Entre la femme et l’homme, il n’existe pas de solution où l’un éliminerait l’autre, et c’est l’idée même d’une prise de pouvoir qui s’effondre. Le féminisme débute quand la femme cherche la résonance de soi dans l’authenticité d’une autre femme parce qu’elle comprend que la seule façon de se retrouver soi-même est dans son espèce. non pas pour exclure l’homme, mais en se rendant compte que l’exclusion que l’homme retourne contre elle exprime un problème de l’homme, une frustration à lui, une habitude à lui de concevoir la femme en vue de son équilibre patriarcal. Mais alors, qu’est ce que ce féminisme ? Recherche de l’homme, du rapport avec l’homme après s’être trouvé soi-même. L’amie sert à se trouver soi-même; mais le but est l’homme. Et parfois, il sert aussi à trouver l’homme. Nous avions raison de nous méfier de ce que la Cause nous aurait fait sentir justifié d’avance. L’envie gâche le rapport entre les femmes. Il n’y a pas de malédiction féminine, ayant pour cause le désir d’une complétude qui se confondrait avec l’envie d’avoir un pénis. Nous affirmons notre incrédulité à l’égard du dogme psychanalytique qui prétend que la femme serait prise, dès son plus jeune âge, par un sentiment de partir perdante, par une angoisse métaphysique liée à sa différence. L’espèce masculine a continuellement défié la vie et défie aujourd’hui la survie ; la femme est demeurée esclave de ne s’y être pas ralliée ; elle est demeurée inférieure, incapable, impuissante. La femme revendique la survie comme valeur. L’homme a cherché le sens de la vie au-delà et contre la vie même ; pour la femme vie et sens de la vie se superposent continuellement. Nous avons dû attendre des millénaires pour que l’angoisse de l’homme face à notre manière de vivre cesse enfin de nous être attribuée comme une marque d’infériorité. Trouvons nous gratifiant de participer à la grande débâcle de l’homme ? »

Pour aller plus loin, voir le cours de l’école de philosophie de Verfeil :

https://ecoledephilosophie.org/spip.php?article40

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